Prison Break !
Vous étiez sans nouvelles de moi depuis quelques jours. Je parie que vous vous êtes inquiétés. Rien de plus normal, surtout que ce sont les moments les plus dangereux de ma vie que j'ai vécu.
Tout a commencé le soir où j'ai décidé d'avaler la clef.
Une fois les lumières de la ferme éteintes, je me suis levé, d'un bloc, et j'ai commencé à déglutir. Très vite, la clef est ressortie de mon gosier, toute propre, toute nette. Pas facile de tenir une clef quand on est un canard, mais avec perséverance et patience, ce n'est pas chose impossible.
J'ai reveillé Caneline et l'ai persuadée de me suivre vers le chemin de la liberté. Il a fallu quelques longues minutes pour réussir à la convaincre complètement, mais mon ton amoureux a fini par avoir raison d'elle.
Nous nous sommes mis à cancanner très fort, tant et si bien que Donkey l'âne est venu voir ce qui se passait. C'est un ami de longue date : nous jouons souvent au poker ensemble. Il n'a alors fait aucune difficulté à user de ses sabots pour nous ouvrir une brèche dans l'enclos des canards.
Il ne restait alors plus qu'à franchir la porte de l'enclos de la ferme. Chose aisée puisque j'avais la clef entre mes plumes !
A quelques coudées du portail, la lumière de la cour s'est allumée ! Gertrud était penchée à la fenêtre, à regarder ce qui pouvait provoquer tant de bruits.
Heureusement, j'avais tout prévu, et Doggy tenait son rôle : il rôdait dans la cour, bardé d'une fourrure de renard que nous avions récupéré sur l'un de ceux qui avaient tentés de nous manger. Gertrud est sortie armée de sa pôele à frire, tandis que le faux renard s'enfuyait un peu plus loin, à l'opposé de nous.
Pendant ce temps, Caneline m'aidait à introduire la clef dans la serrure. Donkey, encore lui, rua pour pousser la porte.
Nous étions dehors. Il fallait maintenant poursuivre le plan d'évasion. Je releva mon aile droite et lu le texte que j'y avais écris à la plume d'oie, sous forme d'un tatouage discret.
Nous sommes partis vers le Nord et avons pris clandestinement le bus. Nous nous sommes cachés dans le sac d'une grand-mère pour y parvenir.
Elle n'a pas tellement appréciée notre compagnie. Mais elle s'en est seulement rendue compte à l'arrivée.
Peu importe, nous étions arrivés à la Grande Ville.
Caneline était mortifiée, encore chamboulée de son évasion osée. J'avais un cousin qui habitait ici, nous sommes allés le voir.
Il n'avait pas changé, toujours porteur d'un bandeau lui permettant de cacher son oeil invalide, et toujours aussi charmeur. Heureusement j'en avais avisé Caneline, elle réussit donc à ne pas se laisser emmener dans les filets du canard.
Mon cousin Elmot nous a trouvé une place de choix, dans une bouche de métro desaffectée. Il nous a prévenu que les rats passaient régulièrement dans le coin et qu'il ne fallait surtout pas leur parler, sous peine de finir en lamelles.
Ca nous allait, nous étions libres et bien décidés à le rester et à profiter de notre vie, à deux.
- Canard
- 23:08
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